Enseignement de l’arbitrage : une école de la vie des jeunes sportifs

Pour se forger un esprit d’équipe, une condition physique ou de la détermination, rien ne vaut un bon entraînement sportif. Pourtant, au-delà du sport, c’est une tout autre pratique que les clubs s’efforcent d’inculquer à leurs jeunes recrues, un art qui leur apporte peut-être bien plus : l’arbitrage.

Quentin Cheminel, Benjamin Aurat et Benoît Chassot sont des arbitres de football qui s'efforcent de transmettre leur savoir aux jeunes générations. Photo : Benjamin Aurat

Quentin Cheminel, Benjamin Aurat et Benoît Chassot sont des arbitres de football qui s’efforcent de transmettre leur savoir aux jeunes générations. Photo : Benjamin Aurat

« Forcément, quand on est jeune rugbyman, on veut devenir rugbyman professionnel, c’est le rêve. Mais il y a beaucoup d’appelés pour très peu d’élus. » Cette phrase d’Arnaud Pougheon, président du pôle jeunes du club de rugby de Vichy St-Yorre, beaucoup de jeunes sportifs l’ont entendue. Alors, à défaut de devenir professionnels, nombre d’entre eux choisissent de se lancer dans l’arbitrage.

Cette pratique est devenue le centre d’intérêt de multiples clubs qui s’affairent pour former les nouvelles générations en leur inculquant les nombreuses valeurs de cet art. Au rugby, les enfants commencent très tôt. Dès l’âge de six ans, « ils sont questionnés lors des entraînements pour qu’ils puissent intégrer la connaissance de la règle », explique le président. Mais la majorité attend l’adolescence. « Au RC Vichy, on accueille des jeunes à partir de 14 ans. On leur apprend un peu ce qu’est l’arbitrage et ce que ça peut leur apporter plus tard », ajoute Benjamin Aurat, responsable de l’arbitrage au Vichy Racing Club.

 

Apprendre dès le plus jeune âge

 

Au sein des différents clubs, les méthodes de repérage sont plutôt similaires. Au handball par exemple, « on fonctionne grâce à un ensemble de détection, sur le bouche-à-oreille et grâce à des accompagnateurs qui suivent et évaluent les enfants », indique Rémi Jardillier, responsable de l’équipe chargée des arbitres de 15-16 ans. « Ensuite, on les sélectionne et on leur propose des formations et des stages pour s’améliorer. » Ce parcours est celui de Rémy Dufour, joueur en pré-nationale senior du club de basket Jeanne d’Arc Vichy-Clermont Métropole (JAV) mais aussi arbitre en Régionale 2. Alors qu’il arbitrait quelques matchs dans son club « pour aider », le jeune Clermontois a été repéré et poussé à prendre part à des formations pour monter en niveau. « J’ai été encadré durant chaque match par des adultes qui me conseillaient et me faisaient un retour sur mon travail », explique-t-il. Rémy a également participé à plusieurs stages lui permettant d’obtenir son diplôme d’arbitre départemental et d’exercer en match officiel.

 

Un apport de valeurs et de connaissances

 

« Ils gèrent littéralement les rencontres », voilà l’aspect principal que Benjamin Aurat s’efforce de transmettre à ses jeunes recrues. Cette maturité précoce est nécessaire au vu des responsabilités induites par ce poste. « Ça m’apporte une confiance. Il faut savoir être précis et juste dans la prise de décision et savoir apporter des explications en argumentant son point de vue », explique Rémy Dufour. Plus qu’une preuve de maturité, cet exercice est même une forme « d’école de la vie », selon Rémi Jardillier.

 

« C’est un moyen d’éducation et d’apprentissage avec un poste à responsabilités. En plus, il faut apprendre le code de l’arbitrage puisqu’il y a un certain savoir-faire et savoir-être. Ça aide à développer des systèmes de réflexion et d’apprentissage plus poussés. » Rémi Jardillier, responsable de l’équipe de handball chargé des arbitres de 15-16 ans.

 

Mais les atouts de l’enseignement de l’arbitrage aux jeunes ne s’arrêtent pas là puisque le président du pôle jeunes du club de Vichy St-Yorre met aussi en avant l’importance de la notion de respect. « Cela apprend à éviter de critiquer les décisions et à respecter l’arbitre et l’adversaire. Si on a la connaissance de la règle, on devient naturellement un meilleur joueur de rugby. » Pourtant pour Rémy Dufour, ce n’est pas la performance qui importe. « Je fais ça pour rendre service aux clubs et aux joueurs parce qu’il n’y a pas assez d’arbitres. En plus, il y a un côté très satisfaisant quand les joueurs te remercient pour le bon déroulement du match et qu’ils sont satisfaits de toi. »

 

Afin que d’autres puissent profiter de l’intensité de ces moments d’arbitrage sportif, Rémy a pris part à plusieurs rendez-vous et camps de formation pour partager ses connaissances avec ses cadets. Aujourd’hui, le jeune de 18 ans devient même parfois  « arbitre référent » durant certains matchs qu’il juge avec les novices.

 

Esther Dabert



Catégories :Le sport à Vichy

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