Clermont-Ferrand : nouvelle édition du Nicéphore +, le festival photo « de plus en plus un incontournable »

Pour cette 16e édition du Festival Nicéphore + de Clermont Ferrand, le thème « le corps fragmenté » est mis à l’honneur du 7 au 29 octobre. C’est l’association Sténopé, crée en 2000 à l’initiative d’un groupe de passionnés d’images, qui est à l’origine de ce Festival de la photographie. 

La chapelle de l’ancien Hôpital Général Investie par le festival Nicéphore +. Photo : Amine Chekaoui

La chapelle de l’ancien Hôpital Général Investie par le festival Nicéphore +. Photo : Amine Chekaoui

Tous les deux ans, depuis 2000, l’association Sténopé invite aussi bien des photographes nationaux qu’internationaux pour leur permettre de présenter leurs œuvres à travers les différents thèmes qui sont mis en avant à chaque édition du festival clermontois. Cette édition 2022, du 7 au 29 octobre, s’organise autour du thème du « corps fragmenté ». « On voulait sortir du cadre habituel que la photographie donne au corps humain, et ce, en le mettant en pièces », explique Patrick Ehme, directeur artistique du festival Nicéphore +.

« On part du principe que de simples détails de notre corps nu sont beaucoup plus révélateurs de la personnalité d’un individu que lorsqu’il est apprêté et que les gens le livrent au monde. » Patrick Ehme, directeur artistique du festival

Le festival Nicéphore est né d’un colloque qui a eu lieu en l’an 2000. Lors de cette réunion, la création de ce festival semblait être indispensable dans un temps où la photographie avait une place très restreinte dans l’univers de l’image. « Le festival est parti du constat qu’il y avait une très grande manifestation autour de l’image, mais étrangement, il n’y avait aucune manifestation autour de la photographie dans la région », déclare Patrick Ehme. « L’idée était de combler un vide et c’est de là que notre volonté de créer un festival qui exposerait l’image fixe est venue, laissant aux autres le soin d’aborder l’image en mouvement. »

Un art trop peu représenté en Auvergne-Rhône-Alpes

Malgré l’avènement de ce festival, nous sommes forcés de constater une quasi-absence de cet art en Auvergne-Rhône-Alpes, à côté d’autres types d’art qui possèdent une place bien plus importante dans la région. « Il s’avère que ce festival et celui de Vichy sont les seuls qui sont importants au niveau de la photographie dans la région », s’indigne Patrick Ehme. 

Étant l’un des seuls, avec celui de Vichy, le festival de photographie nicéphore + de Clermont-Ferrand permet à la ville d’être « un pôle d’attraction pour tout ce qui relève de la  photographie, au même titre qu’a pu l’être Aurillac pour le théâtre de rue », comme le souligne Patrick Ehme. « Le festival Nicéphore + s’inscrit dans le cadre des festivals de l’image sur Clermont-Ferrand », explique Rémi Boisseau, membre du conseil d’administration de l’association Sténopé. « On a dans la ville à la fois le festival du court-métrage, le vidéoformes, celui du documentaire et le festival Nicephore + est le 4ème de cette lignée ».  

Un festival gratuit

Puisqu’il est gratuit, ce festival permet de rendre une partie de la culture accessible à tous. « Ce genre d’événement permet à la photographie d’être accessible au plus grand nombre puisque toutes les expositions sont gratuites », affirme Bycette, visiteuse du festival Nicéphore +. « La culture doit être tout sauf élitiste ! », s’exclame-t-elle. D’après Jade Vital, jeune photographe de 23 ans : « C’est une manière pour les photographes de développer notre sens critique sur le travail des autres et finalement sur notre propre travail »

Ce festival semble finalement devenir un réel pilier de la culture à Clermont-Ferrand. « Il devient de plus en plus un incontournable du fait qu’il peut représenter un facteur qui peut grandement soutenir la candidature de Clermont-Ferrand pour devenir la capitale européenne de la culture 2028 », conclut la photographe en herbe. 

18 expositions dans 9 lieux différents

Le festival Nicéphore + s’est installé dans 9 lieux entre Clermont-Ferrand et Baumont cette année. Ces 9 lieux renferment pas moins de 18 expositions où l’on peut retrouver les œuvres de célèbres photographes. 

L’Hôtel Fontfreyde – centre photographique invite le public à découvrir les œuvres de cinq photographes : Julien Vallon (exposition « Histoire(s) »), Elizabeth Prouvost (« Corpus delicti »), Frédérique Félix-Faure (« Il ne neige plus »), Marielsa Niels (« Dans l’antre du soi ») et enfin Louis Blanc (« cORpuS »). Cette dernière est particulièrement intéressante puisque Louis Blanc joue avec les corps humains en les présentant dans des formes peu communes, difformes voire surréalistes. 

Quelques œuvres de l’exposition "cORpuS" de Louis Blanc. Photo : Amine Chekaoui

Quelques œuvres de l’exposition « cORpuS » de Louis Blanc. Photo : Amine Chekaoui

D’autres lieux municipaux ont également été investis par les 13 expositions restantes. La salle Gaillard participe à l’événement en exposant les œuvres de Chloé Rosser (« Form & function »), de Arina Essipowitsch (« Fold » performance) et enfin celle d’Ana Hell & Nathalie Dreier (« Together A Part »). Cette dernière exposition donne l’occasion aux deux photographes de présenter des monstres polymorphes, nées du télescopage de l’humain et des outils numériques.

Oeuvre de l’exposition "Together A Part" d’Ana Hell & Nathalie Dreier. Photo : Amine Chekaoui

Oeuvre de l’exposition « Together A Part » d’Ana Hell & Nathalie Dreier. Photo : Amine Chekaoui

La chapelle de l’ancien Hôpital général de Clermont-Ferrand met à l’honneur les œuvres de Georges Dumas (« Corps du temps »)  et de Brno Del Zou (« Photosculptures »). 

Œuvre de l’exposition "Photosculputres" de Brno Del Zou à la chapelle de l’ancien Hôpital général de Clermont-Ferrand. Photo : Amine Chekaoui

Œuvre de l’exposition « Photosculputres » de Brno Del Zou à la chapelle de l’ancien Hôpital général de Clermont-Ferrand. Photo : Amine Chekaoui

D’un autre côté,  au Centre Camille-Claudel, l’école polonaise est présentée par l’exposition « Traces » de Weronika Gesicka, et l’exposition « Untitled » de Katrin Freisager y est aussi présentée. Au Labo 1880, les « Autoportraits » en noir et blanc de Marlo Broekmans occupent le lieu. 

A.NA occupe, elle, La Droguerie avec son exposition « Uncarné ». La Galerie Sténopé est occupée par l’exposition « Looking for my own body » de Lucie Hodiesne Darras. Les élèves du Bac Pro photographie du Lycée La Fayette ont opté pour une exposition en extérieur sur les grilles d’Assemblia. Enfin, c’est dans la Maison des Beaumontois que les œuvres de « Déchirures » de Véronique Evrard sont exposées. 

Un programme est disponible en version papier, mais il peut également être feuilleté ou être téléchargé en PDF sur le site web du festival. Vous pourrez notamment y retrouver le plan des lieux d’exposition.

Amine Chekaoui 



Catégories :Auvergne

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