Entre attentes et défiance, que faut-il retenir du congrès des régions de France à Vichy ?

Pour la première fois depuis sa création, le Congrès des régions de France s’est rendu en Auvergne-Rhône-Alpes, dans la ville de Vichy. Sous le thème de la « Souveraineté », de nombreuses personnalités du monde politique sont venues débattre, dont la Première ministre Élisabeth Borne.

Pour la première fois depuis sa création, le Congrès des Régions a eu lieu en Auvergne-Rhône-Alpes, à Vichy. Photo : Charles Pietri - Région Auvergne-Rhône-Alpes

Pour la première fois depuis sa création, le Congrès des Régions a eu lieu en Auvergne-Rhône-Alpes, à Vichy. Photo : Charles Pietri – Région Auvergne-Rhône-Alpes

« Vous êtes en Auvergne, une région où nous n’aimons pas le gaspillage de l’argent public », s’exclame Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes lors de son discours de clôture à l’occasion du 18ème Congrès des régions de France. Pour la première fois depuis sa création, celui-ci s’est installé dans la ville de Vichy (Allier), les 15 et 16 septembre 2022. De nombreux présidents de régions, ainsi que des personnalités politiques, comme la Première ministre Élisabeth Borne, étaient présents pour débattre sur le thème de la « Souveraineté ».

Durant ces deux jours de débats, la souveraineté fut discutée sur de nombreux thèmes comme l’industrie, l’énergie, l’agriculture ou encore la santé. L’objectif du congrès était de trouver des solutions concrètes pour résoudre les problèmes révélés par la pandémie de COVID-19. Des actions qui visent à être concrétisés par les régions et le gouvernement, qui n’arrivent pourtant pas toujours à dialoguer.

« Changer d’approche »

Mise en avant par Laurent Wauquiez, la grande discorde entre le gouvernement français et les régions est d’abord la communication. « Quand les décisions ont été prises de façon trop solitaires, elles n’ont pas marché. Quand les décisions ont été construites ensemble, elles ont réussi, explique-t-il. Il faut changer d’approche, ce qui marche, c’est quand nous travaillons ensemble. Les collectivités contre l’État, je ne crois pas à ce modèle. » 

Gérard Larcher, président du Sénat, Carole Delga, présidente des Régions de France et de l’Occitanie et Laurent Wauquiez, président de l'Auvergne-Rhône-Alpes. Photo : Charles Pietri - Région Auvergne-Rhône-Alpes

Gérard Larcher, président du Sénat, Carole Delga, présidente des Régions de France et de l’Occitanie et Laurent Wauquiez, président de l’Auvergne-Rhône-Alpes. Photo : Charles Pietri – Région Auvergne-Rhône-Alpes

Autre problème selon le président de la région, les enjeux économiques qui rompent peu à peu la confiance avec le gouvernement. « L’État est en déficit de 140 milliards. Les collectivités locales sont à 4 millions, mais d’excédent », constate Laurent Wauquiez.

« Du coup, le prochain objectif, c’est faire les poches des collectivités locales pour combler les trous ? »Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes

Les propos visent Élisabeth Borne, présente dans l’auditorium, et ne laissent pas la Première Ministre indifférente : « À Matignon, j’ai pris un engagement. Prolonger le dialogue, et construire des solutions communes et adaptées avec vous. […] Vous m’avez dit votre volonté de contribuer de manière constructive à cette ambition, le dispositif que nous construirons pour atteindre cet objectif doit reposer sur la confiance. »

Une confiance qui devait aussi se construire sur les nombreuses attentes des présidents de régions envers la première ministre. Les espoirs se sont très vite dissipés, pour laisser place à l’incompréhension. « Sur la question des finances, il y a le maintien de la dynamique des paniers de recettes. (…) Donc vous êtes satisfaites ? », a demandé un journaliste à Carole Delga, présidente des Régions de France et de la région Occitanie. « Non je ne suis pas satisfaite, je dis juste que c’est une piste de travail. »

Des retards sur la ligne SNCF

Évoquée rapidement durant les discours du président de région, l’Auvergne-Rhône-Alpes espère s’offrir une plus grande visibilité au niveau national, notamment sur le plan ferroviaire. « On vient d’apprendre avec Frédéric Aguilera qu’une autorité environnementale qui n’a pas votre légitimité souhaite faire des études supplémentaires qui vont nous faire perdre deux ans », s’indigne Laurent Wauquiez.  Une enquête de l’Inspection générale de l’Environnement et du Développement durable souhaite en savoir plus sur la protection des espèces protégées, les risques d’inondations, les sites classés et les incidents sur les milieux aquatiques. L’étude risque de donner un retard supplémentaire de deux ans, sur la rénovation des voies, prévues initialement pour 2025.

En travaux depuis plus de quatre ans, la ligne SNCF Intercités Paris – Clermont-Ferrand ne pourrait donc toujours pas se voir rénover avant plusieurs années. Une frustration pour le maire de Vichy, Frédéric Aguilera, et le président de région qui souhaitent par ailleurs obtenir une ligne TGV. Clermont-Ferrand est l’une des dernières grandes villes en France à ne toujours pas avoir accès aux lignes à grandes vitesses, malgré les nombreuses sollicitations par la région.

Vichy : une vitrine française

Pour la première fois depuis sa création, la région Auvergne-Rhône-Alpes a accueilli le Congrès des régions de France dans la ville de Vichy, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour le maire, Frédéric Aguilera, cela fut un honneur d’accueillir cet événement : « C’est la première fois qu’une ville ‘moyenne’ accueille ce congrès, et je suis très heureux que ce soit Vichy. Cela ne peut faire que du bien, surtout au niveau économique, car tous les hôtels de Vichy étaient complets ».

Vichy est la première ville « moyenne » à avoir accueilli le Congrès des Régions de France. Photo : Charles Pietri - Région Auvergne-Rhône-Alpes

Vichy est la première ville « moyenne » à avoir accueilli le Congrès des Régions de France. Photo : Charles Pietri – Région Auvergne-Rhône-Alpes

La ville n’a pas été choisie au hasard. Cela s’inscrit dans la continuité des aides régionales pour la commune selon le maire : « Le projet sportif (Creps) a été porté par la région et on est très fier qu’il soit mise en place ici. » Une initiative datant de 2021 pour la rénovation de l’ensemble sportif de la ville vichyssoise, qui accueillera d’ailleurs, les athlètes américains de triathlon pour la préparation aux jeux Olympiques de Paris 2024. 

Sacha Dubesset



Catégories :Auvergne, Vichy

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