Centrale hydroélectrique à Vichy : un projet qui divise

Alors que les travaux de la centrale hydroélectrique ont commencé depuis octobre dernier au barrage de l’Europe à Vichy, la discorde autour du projet est encore présente. Début janvier, un groupe d’association a déposé une plainte en justice contre le projet.

Barrage présent sous le pont de l’Europe lieu des travaux de la centrale hydroélectrique. Photo : Logrami

Barrage présent sous le pont de l’Europe lieu des travaux de la centrale hydroélectrique. Photo : Logrami

Le projet continue de diviser à Vichy. Malgré le début des travaux sur le barrage de l’Europe, travaux entrepris par la filiale d’EDF SHEMA, les associations n’ont pas lâché l’affaire. Début janvier, sept associations, soutenues par un collectif plus large, ont déposé une plainte commune contre le projet.

Les raisons évoquées sont surtout environnementales et concernent en priorité le saumon d’Allier, qui selon un communiqué des associations, pourrait disparaître “en quelques années”. Dans ces différentes associations, on retrouve “SOS Loire Vivante”, “l’Associations Protectrice du Saumon” ou encore “l’Association Nationale de Protections des Eaux et des Rivières”. 

La transition énergétique comme argument pour l’installation de la centrale

Ce projet d’installation, bien que contesté ,est aussi soutenu par de nombreuses personnalités locales avec comme principal argument la transition énergétique et l’énergie verte que produirait la centrale. Le projet vient d’ailleurs au départ du ministère de la transition écologique, projet accompagné de 13 autres projets visant à accélérer la transition écologique. 

A Vichy, le maire Frédéric Aguilera se montre en faveur du projet et s’était, en juin 2021, étonné de voir les membres du parti Europe Ecologie les Verts de Vichy ne pas apporter leur soutien formel au projet. 

Le préfet de l’Allier s’était lui aussi montré en faveur du projet en autorisant le début des travaux du barrage dans un long arrêté paru en juillet 2021. Cet arrêté dévoile alors tous les apports énergétiques de ce barrage à la ville de Vichy, tout cela en proposant des mesures pour limiter la perte des poissons migrateurs de l’Allier.  

Cette centrale serait très importante pour la ville de Vichy dans son objectif d’être autonome énergétiquement parlant d’ici 2050, comme l’avait rapporté la ville elle-même en octobre 2020.  

Une centrale qui ouvrira en 2023

Les travaux qui ont commencé en octobre 2021, après près de 3 ans d’étude de marché, vont s’étendre jusqu’à 2023. C’est un projet lancé par l’Etat qui a fait confiance à la SHEMA, filiale d’EDF, pour aboutir au projet. Après une enquête et une validation de l’enquête publique, le préfet de l’Allier avait validé le projet.  

L’objectif est de créer une centrale hydroélectrique qui alimentera 7 500 personnes en électricité, mais aussi de rénover le barrage. Le projet prévoit notamment “la mise en place d’une nouvelle passe à poissons en rive gauche de l’Allier et l’aménagement de la passe à poissons en rive droite de l’Allier pour améliorer la continuité piscicole”. Une maigre consolation pour les associations de protection de cette portion de l’Allier. 

“Nous demandons juste un dialogue”

Pour Roberto Epple, président de l’association “SOS Loire Vivante”, l’installation du barrage pourrait à court terme “faire disparaître le saumon de l’Allier”. Le Président rappelle que les différentes associations qui ont porté plainte ne sont pas entièrement contre le projet, ils dénoncent surtout un manque de communication flagrant. “On a pu échanger avec les promoteurs du sujet seulement quand ce dernier était terminé, jamais ils n’ont organisé un débat public avant la validation du projet.” 

Pour pallier ce manque de dialogue le collectif avait écrit, fin décembre, à la ministre Barbara Pompili, la ministre avait alors demandé au préfet de lancer “une réflexion sur l’impact du barrage”. “Depuis cette réponse de la ministre, pas une seule fois le préfet nous à contacté, aucun débat n’a été lancé, on nous ignore à 100%” une situation identique avec le groupe SHEMA, déplore Roberto Epple. “C’est suite à cela qu’on a décidé de saisir la justice.

Ouvrir le barrage de mi-février à la mi-mai ?

L’une des principales revendications des associations est le fait de laisser ouvertes les valves du barrage entre mi-février à la mi-mai, période de migration du saumon. Selon Roberto Epple, cela pourrait drastiquement limiter le risque de mortalité du saumon lors de sa migration. “On met des millions chaque année pour sauver le saumon d’Allier et là, en un claquement de doigt, on pourrait anéantir tout le travail fourni », déplore-t-il. 

La députée de l’Allier, Bénédicte Peyrol a déjà répondu à cette demande en la jugeant excessive. “Je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas faire des tests sur une année, le temps de voir si la centrale affecte le saumon ou non”, explique le président de l’Association SOS Loire. “Nous pensons qu’on peut faire de l’électricité ici, et il faut savoir si on aura beaucoup de perte ou non, pour cela il faut un débat et des études” résume le président, ce dernier finit par conclure “l’enjeu, c’est le saumon et pas les Kilowatts.” 

Gustave Pinard



Catégories :Vichy

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