Les maires au cœur de l’élection présidentielle

A l’approche de la présidentielle de 2022, la course à la présidentielle française a commencé. Les maires sont plus sollicités que jamais par les futurs candidats qui souhaitent se présenter.

Le maire de Vichy n’a, pour l’instant, pas annoncé soutenir un candidat / Photo Amandine Rossato.

Le maire de Vichy n’a, pour l’instant, pas annoncé soutenir un candidat / Photo Amandine Rossato.

La course aux signatures bat son plein. Depuis le début de l’été, les maires français reçoivent énormément de sollicitations pour les parrainages de la présidentielle de 2022. “Depuis juin, nous recevons beaucoup de demandes. En ce moment tout s’accélère, il y en a de plus en plus”, confirme Joseph Kuchna, maire de Saint-Yorre (Allier).

Pourtant, une grande partie d’entre eux a choisi de ne pas se prononcer. Cette tendance est en augmentation ces dernières années. En 2017, 14 300 maires ont choisi de soutenir un candidat, contre 17.800 aux élections précédentes. L’envie de rester apolitique rend l’obtention du parrainage plus compliquée pour les aspirants qui peinent à trouver leurs 500 voix.

Les petites communes très ciblées

Philippe Soler, maire de Marcy, une commune de 600 habitants dans le Rhône, a reçu énormément de demandes de signatures. “Les maires de petits villages ont l’habitude en cette période d’être extrêmement sollicités. C’est assez déroutant dans la mesure où on ne sait pas encore où on en est politiquement à cette période de l’année”.

D’après l’élu, “les candidats ont tendance à penser que les moins gros poissons seront plus facilement prenables. Mais même dans les petites communes, il n’est pas simple d’assumer un choix de parrainage. Les opinions politiques sont souvent très partagées au sein d’un même Conseil municipal ou même au sein des habitants”. Si le choix va généralement de soi dans les grandes villes où le premier édile est lui-même membre d’un parti candidat, il s’avère plus délicat lorsque les maires sont élus sans famille politique.

Des villages apolitiques

Jean-Marc Germanangue, le maire de Vendat (Allier) a choisi de ne soutenir personne. En 2020, le magistrat a été élu à la tête de la commune de 2 199 habitants. Le village ne soutient personne et a choisi de continuer sur cette lancée. Il explique sa décision en soutenant qu’il garde ses avis pour lui:

Je ne souhaite pas parrainer un parti, chacun doit pouvoir penser ce qu’il veut. Je ne veux pas que toutes les personnes du village connaissent mes opinions politiques, c’est très personnel. Dans un petit village, on doit pouvoir conserver ses idées. »

Mais d’autres raisons motivent les maires à ne pas participer à cette course au parrainage. Les maires sont très peu contactés hors de la période des élections. Beaucoup se sentent utilisés puis délaissés. Jacques de Chabannes, maire de Lapalisse (Allier), déplore que “les mairies sont énormément contactées pendant cette période pré-électorale. Pourtant les petites villes sont très peu représentées après, au niveau national”.

La sous-représentation des campagnes est un problème de taille. En 2018, selon Statistica, 20% de la population vivait en campagne. Pourtant, nous l’avons vu avec de nombreuses crises comme celles des gilets jaunes, très peu de mesures sont pensées pour ces personnes dans une France décentralisée.

Un manque de représentation

Pour le maire de Vendat, le manque de représentation est le problème principal : “Nous n’avons aucun impact en dehors de la période électorale.” Alors pourquoi politiser un petit village ? Et le dirigeant n’est pas le seul de cet avis. De plus en plus de maires font ce choix. Sur la vingtaine de villages à proximité de Vichy, douze sont sûrs de ne pas se prononcer.

Les autres hésitent encore, comme Sandrine Couturat. Elle vient d’être élue à la tête du village de Randan et, pour l’instant, elle pense “manquer d’ancienneté” pour choisir sa place sur l’échiquier politique du pays. Malgré tout, elle pense avoir “un rôle limité dans la politique, surtout nationale. Nous n’impactons pas vraiment le programme des candidats”. Un manque d’impact qui pourrait amener à un désintéressement de la politique de la part des élus locaux. Dans l’avenir comme pour 2022, la recherche des voix pour les futurs présidents s’annonce difficile.

Amandine Rossato et Neil Chapelon



Catégories :Présidentielle

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