Rugby : les quatre raisons du faux-départ de l’ASM Clermont Auvergne

Face au Toulon de Franck Azéma, ancien de la maison jaune et bleue, l’ASM Clermont Auvergne s’est rassuré en s’extirpant du bas de classement (31-16). Depuis le début de la saison 2021/22, le club a pourtant du mal à retrouver son niveau d’antan et cette huitième place en est la preuve.

L’ASM a connu une première déconvenue à domicile avant de s’imposer face à plusieurs cadors du championnat. Photo : Benoît Lesaulnier

L’ASM a connu une première déconvenue à domicile avant de s’imposer face à plusieurs cadors du championnat. Photo : Benoît Lesaulnier

J’ai juste besoin de prendre du recul” déclarait Jono Gibbes, l’entraîneur néo-zélandais de Clermont après la victoire face à Toulon le 7 novembre dernier. Comme après chaque match de l’ASM Clermont Auvergne, un sentiment d’incompréhension domine, cette fois autour des nombreux points lâchés en route par l’expérimenté Morgan Parra face aux perches.

Ça a été bizarre de voir Morgan [Parra] rater des points, ce n’est pas normal pour nous !” Jono Gibbes, entraîneur de l’ASM Clermont Auvergne

Si la dernière victoire en date permet de s’assurer un matelas relativement confortable sur la zone rouge avec neuf points d’avance sur Perpignan, premier relégable provisoire, les problèmes persistent et peuvent s’avérer inquiétants.

Une Camille Lopez dépendance

Interrogé par Canal + sur son match de dimanche, Morgan Parra s’est montré plus adroit que sur le terrain en usant de la langue de bois comme rarement. « On gagne, pour moi c’est l’essentiel » a estimé le demi de mêlée. De son côté, Jono Gibbes a voulu fustiger les quatre échecs de son joueur dans l’exercice du tir, empêchant un réel écart plus tôt dans la rencontre. Si Morgan Parra reste un buteur fiable en temps normal, c’est davantage l’absence de Camille Lopez à ses côtés qui manque au collectif Clermontois. Lors de la victoire face à la Section Paloise (42-20), le demi d’ouverture jaunard est sorti dès la troisième minute à la suite d’une blessure à la cheville. Contre Bordeaux-Bègles puis Toulon, son absence a été préjudiciable dans la gestion du tempo. Pourtant satisfaits du temps de jeu grapillé par l’enfant du club Gabin Michet durant la convalescence de son aîné, les supporters ont hâte de retrouver le titulaire indiscutable.

De nouvelles méthodes mais peu d’effets

Depuis sa prise de fonction durant la période estivale, Jono Gibbes tente de mener sa révolution tactique en Auvergne. On a souvent pointé du doigt la fâcheuse tendance clermontoise à être déséquilibré et ainsi exposé défensivement, c’est loin d’être le cas cette saison. A contrario, l’ASM se montre parfois trop terne. Le club à l’ADN résolument offensif ne pointe, aujourd’hui, qu’à la neuvième place en termes d’essais marqués (vingt contre trente-deux pour Toulouse, premier de ce classement honorifique). Réputé pour sa patte dans le jeu d’avant, l’entraîneur néo-zélandais n’arrive toutefois pas encore à rendre son équipe efficace en conquête. Il souhaite attendre les prochains résultats pour tirer un premier bilan de son aventure clermontoise.

La forte concurrence en Top 14

Le championnat de France de rugby est présenté comme l’un des plus relevés à travers le globe. L’internationalisation des effectifs, des technologies de pointe et un condensé de tous les cerveaux du rugby en ont fait “le championnat à gagner” pour tous. C’est ainsi que les générations de joueurs au sein des effectifs se sont endurcies pour rendre chaque équipe plus compétitive encore. Alors, de nouvelles formations viennent jouer les trouble-fêtes dans la hiérarchie habituelle pour tenter leur chance en phase finale. Lyon, Bordeaux-Bègle et La Rochelle s’invitent à la fête des phases finales en faisant chuter les clubs historiques comme le Stade Français, Toulon et donc Clermont. Cette nouvelle concurrence demande toujours plus de travail et d’endurance au cours de la saison. Une capacité que Clermont n’a visiblement plus.

Depuis la création du “Top 14” en 2005, les joueurs du stade Marcel Michelin ont participé à 7 des 15 dernières finales ; preuve de la constance de ce club. Photo : Benoît Lesaulnier

Depuis la création du “Top 14” en 2005, les joueurs du stade Marcel Michelin ont participé à 7 des 15 dernières finales ; preuve de la constance de ce club. Photo : Benoît Lesaulnier

Un effectif trop juste

Cette saison, le club clermontois n’a pas été très présent sur le marché des transferts. Les quelques arrivées ne semblent pas totalement combler le départ de plusieurs joueurs cadres. Le club fait le choix de la jeunesse en envoyant sous le feu des projecteurs les joueurs du centre de formation. Des figures comme Thibaut Lanen, Daniel Bibi Biziwu, Cheikh Tiberghien et Gabin Michet ont la confiance du coach pour s’exprimer dans ce championnat. Cette inexpérience temporaire peut devenir une force pour le club qui fait émerger ses propres pépites.

Le 18 octobre dernier, Fabien Galthié, sélectionneur du XV de France, annonce sa liste pour les matchs de novembre et ne convoque que deux Clermontois, Damian Penaud et Tani Vili. A titre de comparaison, sept joueurs de l’ASM faisaient partie du groupe France pour la dernière Coupe du monde. De l’eau a coulé sous les ponts depuis mais le chiffre est tout de même révélateur du virage que prend le club auvergnat. Nous évoquions l’absence préjudiciable de Camille Lopez, il en est de même pour tous les cadres qui n’ont pas d’équivalents sur le banc de touche. Alors que Clermont faisait office de mastodonte du championnat il y a quelques saisons, le manque de renouvellement d’effectif se fait désormais ressentir.

 

Benoît Lesaulnier et Enzo Leanni

 



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