Vichy : les caméras de vidéosurveillance pourront désormais vous verbaliser

À Vichy, 225 caméras de surveillance vont servir à verbaliser toutes infractions routières commises dans la commune. Une décision votée par la majorité, avec pour résultat des avis sceptiques.  

Quatre caméras ont été installées pour surveiller la place Charles de Gaulle à Vichy. Photo : Sibylle Beaunée

Quatre caméras ont été installées pour surveiller la place Charles de Gaulle à Vichy. Photo : Sibylle Beaunée

Le 27 septembre, la ville de Vichy a voté pour la mise en place du système de vidéo-verbalisation sur ses caméras de surveillance. La mesure entrera en vigueur après les autorisations préfectorales, c’est-à-dire dans un délai d’environ un mois. Dispersées un peu partout dans la commune, ces 225 caméras étaient à l’origine installées pour la sécurité des habitants. Mais depuis le vote au Conseil municipal, ces caméras serviront aussi à verbaliser les infractions au code de la route.

“La vidéo-verbalisation est d’un cran au-dessus pour limiter les nuisances et les incivilités récurrentes qui font que notre Police Municipale a des difficultés à être un peu partout”, témoigne Evelyne Voitellier, adjointe au Maire Frédéric Aguilera et déléguée à la Sécurité et aux quartiers. Les caméras de vidéo-verbalisation, votées mais pas encore en service sans autorisation de la Préfecture, ont une cible précise en “verbalisant tout ce qui est dépendant d’un article du code la route”. Basée sur les infractions au code de la route de l’article R121-6, la vidéo-verbalisation va permettre de “pouvoir vous verbaliser quand vous circulez avec votre téléphone portable, sur tous les stationnements illicites ou en excès de vitesse” ajoute Evelyne Voitellier. 

Evelyne Voitellier, adjointe et déléguée à la Sécurité et aux quartiers. Photo : Sibylle Beaunée

Evelyne Voitellier, adjointe et déléguée à la Sécurité et aux quartiers. Photo : Sibylle Beaunée

Un encadrement juridique important

La vidéo-verbalisation est extrêmement encadrée juridiquement. Isabelle Réchard, une élue du Parti Radical de Gauche à Vichy, explique qu’il est interdit “de l’utiliser pour les incivilités liées aux déchets ou aux déjections canines par exemple.” La vidéo-verbalisation doit se faire en temps réel avec des agents municipaux sur le terrain. Il n’est pas possible d’utiliser les images en différé pour verbaliser une infraction routière. Ces incivilités peuvent être sanctionnées grâce à la vidéo-surveillance, déjà mise en place depuis 2008.

De plus, les automobilistes doivent obligatoirement être avertis de la vidéo-verbalisation, “on ne peut pas verbaliser de manière autonome”, affirme Evelyne Voitellier. La ville doit afficher quelles zones sont concernées, puisqu’elle ne peut pas l’étendre à l’entièreté de la commune, déclare l’adjointe au Maire. Une procédure compliquée, que dénonce l’élu du Rassemblement National à Vichy, Jean-Pierre Sigaud, puisque l’étendue du système au sein de la ville de Vichy est une décision appartenant au préfet de l’Allier.

Une opposition alliant le RN et la gauche

Ce projet ne fait pas l’unanimité au sein du Conseil municipal. Quatre élus municipaux ont voté contre cette proposition. Parmi eux, un élu du Rassemblement National, Jean-Pierre Sigaud, et trois élus du Parti Radical de Gauche, Magali Dubreuil, Isabelle Réchard et Mahmoud Farwati.

Le centre-ville, les écoles et collèges, la zone de la gare, les quartiers et le square de la République sont ciblés par l’œil robotique. Une liste de lieux qui fait “bondir” dans le camp RN, tout comme à gauche. Cette “étendue à l’ensemble de la ville” est disproportionnée, exprime le conseiller municipal Jean-Pierre Sigaud du groupe Vichy Bleu Marine.  Ce dernier voulait une vidéo-verbalisation sur les principales grandes rues pour éviter les problèmes de circulation. Ce que confirme Isabelle Réchard, conseillère municipale du groupe Vichy c’est vous : « Certaines zones en ont vraiment besoin en termes de délinquance routière, il faudrait définir un plan avec des secteurs qui sont particulièrement concernés ».

Selon l’opposition, ce projet risque d’entraîner une course à la verbalisation, avec des aspirations économiques malvenues, “je préfère voir des policiers dans la rue, plutôt que derrière des écrans”, annonce l’élue du PRG.

Alors que Jean-Pierre Sigaud dénonce un “ras-le-bol général” par rapport à la surveillance, la gauche s’inquiète de celle-ci : “À Vichy, on a la chance d’être dans une ville tranquille, je trouve ça dommage de gâcher cette tranquillité par ce climat où tout le monde est un voyou potentiel”, déclare Isabelle Réchard.

Qu’en pensent les habitants ?

La plupart des Vichyssois sont rassurés par ce nouveau dispositif, comme l’affirme une retraitée : “Je trouve ça bien, ça permet de nous sentir plus en sécurité.Quant à la vidéo-verbalisation, Estelle, une Vichyssoise souligne que “c’est une bonne chose car les voitures roulent trop vite, surtout rue Wilson”. 

Une caméra de surveillance rue du Président Wilson. Photo : Sibylle Beaunée

Une caméra de surveillance rue du Président Wilson. Photo : Sibylle Beaunée

Mais certains restent perplexes. C’est le cas de Cherry qui déclare que ce système “sera strict, il n’y aura plus d’indulgence”. Elle dénonce également un certain “manque d’humanité” qu’il pouvait y avoir avec le contact policier, désormais impossible avec les caméras.

Pour ou contre, la vidéo-verbalisation sera assurée par les agents de police municipale du centre de supervision urbain, de 8h à 20h d’ octobre à mai et de 8h à 23h de juin à juillet. Avec 260 caméras d’ici 2023, pour presque 24 000 habitants, Vichy est loin de la ville de Nice dans le développement des caméras de surveillance qui en compte 2 666 en 2019, mais se place tout de même en cinquième position des villes les plus vidéosurveillés.

Sibylle Beaunée et Anaëlle Petot

 



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