TEMOIGNAGES. Covid-19 : comment professeurs et lycéens vivent la crise sanitaire

Les lycées, comme les collèges et les écoles, n’ont toujours pas fermé leurs portes depuis la rentrée 2020. Mais à l’heure où un troisième confinement pourrait être annoncé d’un jour à l’autre, la question de leur fermeture est au cœur des débats.

Depuis Septembre, les lycées demeurent ouverts (Photo : Shutterstock)

Depuis Septembre, les lycées demeurent ouverts (Photo : Shutterstock)

“Les crèches, les écoles, les collèges et les lycées resteront ouverts avec des protocoles sanitaires renforcés”, avait déclaré Emmanuel Macron lors de son allocution du 28 octobre 2020. Dès la rentrée de la Toussaint, de nombreux lycées avaient alors eu recours à l’enseignement hybride afin de limiter le nombre d’élèves dans les établissements.

Près de quatre mois plus tard, cette alternance entre présentiel et distanciel est toujours en vigueur : “Depuis novembre 2020, nous fonctionnons avec des demi-effectifs”, témoigne Bertrand Gendreau, professeur d’histoire-géographie au lycée Malherbe, à Caen (Calvados). “Grâce à cette décision et au lourd protocole sanitaire qui est mis en place dans l’établissement (port du masque obligatoire, gel hydro-alcoolique à l’entrée des salles de classe et sens de circulation), je me sens en sécurité lorsque je vais travailler », poursuit-il. 

D’un point de vue éducatif, le professeur caennais voit également du positif dans l’enseignement hybride : “On voit tous les élèves une semaine sur deux. Cela évite qu’ils décrochent car certains me disent qu’ils ont du mal en distanciel.” 

D’autres lycées continuent quant à eux d’accueillir la totalité de leurs élèves. Une décision qui ne semble pas inquiéter les professeurs qui y travaillent : “Les points sanitaires hebdomadaires réalisés par notre proviseur montrent que le lycée n’est pas un lieu de contamination. Je pense qu’il faut laisser les établissements ouverts tout en continuant d’appliquer le protocole sanitaire sérieusement” déclare Pascale Moreau-Guillotte, professeure de S.V.T au Lycée Victor Hugo de Caen. 

En attendant les études sur la transmission du virus à l’école, qui devraient se mettre en place dès ce mois de février 2021 d’après le président du Syndicat National des Lycées et Collèges, les enseignants ne semblent pas inquiets du maintien des cours en présentiel malgré la situation sanitaire. Début 2021, Jean-Michel Blanquer a revendiqué un taux de 0,3 % d’élèves malades du Covid (tous niveaux confondus). 

“Je ne me sens pas du tout en sécurité”

Les élèves ont quant à eux un tout autre point de vue sur la question de la sécurité. “Beaucoup de choses sont mises en place mais ne sont pas respectées”, confie Marion, élève de terminale au Lycée Victor Hugo, à Caen. Camille Dos Santos, élève de première au sein du même établissement, confirme ces propos : “Même si le port du masque est obligatoire, certains professeurs et élèves le portent sous le nez voire sous le menton”, déplore-t-elle. “Au self, nous sommes également assis à distance mais dans la queue, on est les uns sur les autres car le planning de passage mis en place par le lycée n’est pas respecté”

Comme  beaucoup de ses camarades, Camille espère malgré tout le maintien des cours en présentiel : “Le lycée n’a enregistré que très peu de cas positifs donc ça me rassure un peu. Je pense qu’il faut maintenir les lycées ouverts pour des raisons pédagogiques mais à condition que chacun respecte le protocole sanitaire”.

Au Lycée Malherbe, où l’enseignement hybride est pourtant de mise, c’est le même discours : “Je ne me sens pas du tout en sécurité lorsque je suis au lycée” déclare Noé Tourbillon, lui aussi élève en classe de première. “Devant l’entrée de l’établissement, il y a tous les fumeurs qui ne portent pas de masques et d’autres élèves l’enlèvent aux pauses pour souffler un peu. Après, il faut rester en présentiel tant que c’est possible…” Sur Twitter, de nombreux lycéens sans doute plus angoissés vis-à-vis de la situation manifestent cependant leur volonté de fermer les lycées : 

Certaines épreuves du baccalauréat annulées

“La situation sanitaire impacte énormément mon travail et ma motivation”, livre Marion. Conscient de l’impact psychologique de la situation sur les lycéens, le gouvernement a décidé d’annuler les épreuves communes du baccalauréat à l’exception du Grand oral et de l’épreuve de philosophie pour les terminales et de l’épreuve de français pour les premières. 

“L’annulation des épreuves est une bonne chose car elle enlève du stress à tout le monde”, déclare Marion. “De plus, certains lycées en enseignement hybride ont pris du retard sur les programmes donc tous les élèves n’auraient pas été égaux lors des épreuves.” Pour le professeur Bertrand Gendreau, le passage du baccalauréat au contrôle continu est également une bonne chose : “Cela permet de poursuivre le programme plus sereinement tout en enseignant plus librement car on ne prépare plus les élèves à des épreuves de bac très normées.” Les candidats du “nouveau bac” auront donc droit à une version hybride de celui-ci et à des cours adaptés à une année scolaire bien particulière. 

Martin Patry et Sara Jardinier



Catégories :L'Evenement

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