Confinement : les boîtes à livres, des bibliothèques à ciel ouvert

Pour faire face au reconfinement, la lecture se présente comme une occupation inépuisable. Mais l’annonce de la fermeture des libraires et des points de vente de livres limite les possibilités. Une initiative collaborative voit le jour depuis plusieurs années un peu partout en France : les boîtes à livres. 

Christelle Maillet devant la nouvelle boîte à livres, avenue Poncet, à Vichy. Photo : Océane Guyon

Christelle Maillet devant la nouvelle boîte à livres, avenue Poncet, à Vichy. Photo : Océane Guyon

La France connaît, depuis le vendredi 30 octobre dernier, un nouveau confinement. Plus souple que le premier du printemps, ce dernier prive cependant certains professionnels de toute activité. Les librairies font partie de ces commerces, jugés non essentiels, qui se voient contraints de fermer leurs portes. Les livres sont pourtant, pour de nombreuses personnes, une véritable échappatoire et une bouffée d’oxygène en cette période anxiogène.

Disséminées au cœur des communes, les boîtes à livres viennent apporter un peu de réconfort à des lecteurs orphelins. “Les boîtes à livres, c’est comme une bibliothèque mais à l’extérieur, c’est sympathique”, s’enthousiasme Sylvie, vichyssoise et fervente lectrice. C’est un système d’échange qui consiste à déposer un livre, peu importe le genre, dans une boîte pour qu’il puisse être emprunté par quelqu’un d’autre. En prévision du second confinement, certaines boîtes à livres ont vu le jour au cœur de Vichy. 

Depuis mi-octobre, une nouveauté est arrivée dans l’avenue Poncet à Vichy. “Je suis passé comme souvent devant le Vival et j’ai vu qu’il y avait une nouvelle installation”, explique Michel, retraité et habitant de l’avenue. Le commerce de proximité Vival au coin de la rue a installé une boîte à livres. “Au départ, j’ai reçu la boîte vide. Comme j’ai travaillé 18 ans en librairie, j’ai ajouté mes propres livres puis tout s’est enchaîné et les titres sont renouvelés régulièrement”, raconte Christelle Maillet, la gérante du Vival. L’initiative n’est pas nouvelle. Il y avait déjà des boîtes à livres dans la ville de Vichy, une au marché couvert et une autre dans le magasin Cora. 

Une initiative fédératrice et réconfortante

La boîte à livres de l’avenue Poncet rencontre beaucoup de succès depuis sa mise en place et l’annonce du reconfinement a accentué l’attractivité de cette bibliothèque en plein air. “Le Vival Livres est un outil de collaboration. Et, en cette période difficile, c’est même un outil de soutien. Je vois souvent des gens discuter devant la cabane, les jeunes comme les moins jeunes !”, se réjouit la commerçante. Dans le contexte de crise actuel, la boîte à livres peut s’avérer être une alternative face à la fermeture des librairies. “Certains clients nous ont demandé si nous avions l’autorisation de laisser la boîte à livres à disposition pendant la période de covid mais si le magasin reste ouvert il n’y a pas de raison que la boîte à livres soit fermée”, précise Christelle Maillet

Ailleurs en Auvergne, les boîtes à livres font aussi des heureux et des heureuses. Issoire, une commune de 15 000 âmes au cœur du Puy-de-Dôme, a mis à disposition quatre boîtes à livres. Installées par l’association Lion’s Club Issoire, ces dernières semblent rencontrer un grand succès. “L’idée d’implanter des boîtes à livres nous est venue il y a quatre ans de ça. C’était pour nous l’occasion de créer du lien autour de la lecture“, confie Bernard Emiren, président de l’association. Ce lien voulu par le Lion’s Club d’Issoire prend tout son sens avec la fermeture prématurée des librairies et les systèmes de drive proposés par certaines médiathèques municipales. “Pendant le premier confinement, on a observé une rotation plus importante des livres qu’en temps normal. C’est encourageant“, souligne le président. 

Une belle trouvaille

Et même si le Lion’s Club est à l’origine de ces boîtes à livres, ces dernières sont cependant auto-gérantes. “Nous ne nous en occupons pas spécialement. Cependant, quand nous passons devant nous faisons un peu de rangement et de ménage et nous vérifions l’état”, témoigne Monsieur Emiren. Pendant le confinement rien n’a vraiment changé, “nous n’avons pas instauré de règle spécifique, les gens prennent et mettent des livres comme d’habitude”

Sandrine, Issoirienne de 45 ans et férue de littérature, qui ne s’était jamais intéressée aux boîtes à livres, les accueille aujourd’hui avec enthousiasme. “Je suis très contente d’avoir trouvé une alternative pour mettre la main sur des livres d’occasion. J’ai l’habitude de me rendre dans des dépôts-ventes mais comme pour les librairies, ils ont dû fermer leurs portes “, soupire-t-elle. 

Les boîtes à livres se présentent comme une alternative pour les amoureux de la lecture qui ne peuvent pas se rendre en librairie mais aussi pour les amateurs en quête de découverte. Des ressources inépuisables, disponibles sans contraintes d’horaires et fédératrices, qui se présentent comme un réconfort en ces temps troublés.

Antoine Allart et Océane Guyon



Catégories :Auvergne, Vichy

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