Coronavirus : dix questions sur ce que l’on sait (et ce que l’on ne sait pas) sur le virus

Apparu en Chine en décembre 2019, le Covid-19 a depuis gagné l’ensemble de la planète, et ce en un temps record. L’Effervescent répond à vos questions sur ce nouveau coronavirus.

1/ Quels sont les symptômes du Covid-19 ? 

Selon le ministère de la Santé et des Solidarités, les symptômes de la maladie peuvent être nombreux, et plus ou moins alarmants. D’un côté, les symptômes bénins sont majoritairement : des maux de tête, une perte d’odorat et de goût, une toux sèche, des maux de ventre, une diarrhée, et un état de fatigue généralisé. Mais certains symptômes doivent vous alerter, ils sont annonciateurs d’une forme plus sévère : forte fièvre, douleurs dans la poitrine ou des difficultés respiratoires. Les symptômes apparaissent généralement plusieurs jours après la contagion, la période d’incubation étant de 12 à 14 jours maximum. Attention cependant, certaines personnes sont atteintes du Covid-19 mais ne développent pas de symptômes.

2/ Que faire si j’ai les symptômes ? 

Restez chez vous et contactez votre médecin traitant. En cas d’apparition des symptômes du Covid-19, limitez au maximum vos interactions. Il ne faut pas se rendre à l’hôpital : à la place, il faut contacter son médecin traitant qui indiquera la marche à suivre en fonction de la sévérité des symptômes. Comme l’a indiqué le ministère de la Santé, dans 85% des cas, la maladie guérit avec du repos, sans hospitalisation. Si vous n’êtes pas seul dans votre foyer, dans l’idéal, munissez-vous d’un masque, lavez-vous régulièrement les mains et limitez au maximum les interactions. 

3/ Existe-t-il des personnes à risques ? 

Nous ne sommes pas tous égaux face au virus. Les personnes les plus à risques sont d’abord les personnes âgées, selon une analyse datant du 17 février, publiée par le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies (CCDC). Jusqu’à 39 ans, le taux de mortalité reste très bas, à 0,2%, puis passe à 0,4% chez les quadragénaires, 1,3% chez les 50-59 ans, 3,6% chez les 60-69 ans et 8% chez les 70-79 ans. Les personnes âgées de plus de 80 ans sont les plus vulnérables avec un taux de mortalité de 14,8%. Mais les seniors ne sont pas les uniques personnes à risque, puisque les personnes atteintes de troubles cardiovasculaires ou de troubles respiratoires sont aussi mises en danger.

Enfin, une autre population semble plus touchée… les hommes. Ces différences liées au sexe ont déjà été observées lors d’épidémies liées à des virus semblables comme le SARS-CoV-1 en 2003 et le MERS-CoV en 2013. «On ne peut pas exclure un effet biologique sur l’immunité lié au sexe, qui pourrait mettre en jeu soit les hormones stéroïdiennes comme les œstrogènes ou les androgènes, soit des facteurs génétiques liés aux chromosomes sexuels», explique Jean-Charles Guéry, responsable de l’équipe de recherche «Différences liées au sexe dans l’immunité : mécanismes et physiopathologie» à l’Inserm. Mais d’autres hypothèses sont soulevées, comme des pratiques genrées différentes, mais il semblerait qu’il soit encore trop tôt pour le déterminer. 

4/ Ai-je besoin d’un masque ?

C’est compliqué (mais oui). Le discours officiel autour du port du masque est fluctuant. Jusqu’à présent, les autorités d’Europe et d’Amérique du nord réservaient le port du masque aux personnels soignants et aux malades. Un fonctionnement qui a interloqué les pays asiatiques. Le directeur général du Centre chinois de contrôle et de préventions des maladies, George Gao, a averti dans un entretien publié le 27 mars que « la grande erreur aux Etats-Unis et en Europe est que la population ne porte pas de masque ». De son côté l’OMS est prudente. Le port du masque peut avoir un effet pervers : il ne protège pas à 100% s’il n’est pas accompagné des bonnes mesures de protection. Pour l’académie de médecine française un changement de bord s’est effectué vendredi 3 avril. Ils préconisent maintenant que le port de masques grand public se généralise après le confinement. Le port du masque est donc recommandé, mais les stocks, notamment de masques FFP2, doivent aller en priorité aux soignants. En attendant, voici de quoi joindre l’utile à l’agréable :

5/ Peut-on être un porteur sain ?

Pas exactement. Selon une étude en cours de l’Inserm, il existe des personnes atteintes du Covid-19 sans symptômes, et elles aussi peuvent transmettre le virus. « Les premières données internationales suggèrent en effet l’existence de porteurs du SARS-CoV-2 qui ne présentent pas ou très peu de symptômes, mais qui excrètent des particules virales au niveau de leur salive et de leurs fosses nasales », note l’Inserm. Néanmoins, l’appellation “porteur sain” est incorrecte : elle est employée dans le cas d’une infection bactérienne, quand aucune réaction ne se produit au niveau du système immunitaire. Dans le cas d’un virus, il y a toujours une réponse immunitaire face à la rencontre du parasite, même si l’hôte n’a aucun symptôme. Il n’est pas porteur sain : simplement, son système immunitaire a bien combattu l’infection. Ces hôtes sans symptômes doivent donc eux aussi être confinés, puisqu’ils représentent un risque de contamination.

6/ Comment se protéger ?

Respectez les gestes barrière. Pour se protéger du Covid-19 les autorités sanitaires ont donné des consignes simples : conserver au moins un mètre de distance, tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir jetable dont on se débarrasse ensuite, se laver très régulièrement les mains, et éviter au maximum les contacts physiques. Le port du masque est encouragé, mais n’est pas une solution miracle, il faut tout de même appliquer les autres recommandations.
En ce qui concerne le lavage de mains, celui-ci doit durer au moins 20 secondes avec de l’eau et du savon, ou du gel hydroalcoolique. Voici un tuto du Figaro pour s’assurer d’une propreté maximale :

7/ Faut-il laver son domicile avec de la javel ?

Oui, mais avec des précautions. La désinfection des surfaces est très aisée. La Direction Générale de la Santé recommande particulièrement l’utilisation de la Javel car « c’est un virucide », ce qui signifie qu’elle détruit le virus. « Même s’il y a d’autres produits détergents qui sont des désinfectants efficaces, autant recommander la Javel, qui est connue de tous », explique-t-elle à Franceinfo

Attention à la chimie improvisée. Depuis le début du confinement, les centres anti-poison sont débordés d’appels après des mélanges hasardeux. Certaines personnes ont tellement peur du coronavirus qu’elles passent toute leur résidence à l’eau de javel, au point de s’intoxiquer. « Ils vont passer toute la maison à l’eau de javel, ce qui fait qu’ils ont des intoxications. Ça se manifeste par des irritations oculaires ou des crises d’asthme », regrette Magalie Labadie, chef du centre anti-poison de Bordeaux. Pour mieux comprendre les conditions de survie du virus hors de notre organisme :

8/ Existe-t-il un traitement ? On parle de l’hydroxychloroquine ?

La piste de l’hydroxychloroquine est aujourd’hui soutenue par certains scientifiques dont le docteur Didier Raoult, infectiologue et professeur de microbiologie Français. Pour l’heure, la communauté scientifique remet en question les conclusions du médecin français, notamment à cause d’une méthodologie non respectée lors de ses recherches sur l’hydroxychloroquine. 

Pourtant, un décret autorisant la prescription d’un antipaludique est paru au Journal officiel le 25 mars : « L’hydroxychloroquine peut être prescrite, dispensée et administrée sous la responsabilité d’un médecin aux patients atteints par le Covid-19, dans les établissements de santé qui les prennent en charge, ainsi que pour la poursuite de leur traitement si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial, à domicile. » Une pétition en ligne “#NePerdonsPlusDeTemps” a déjà récolté plus de 230 000 signatures et réclame une plus importante utilisation d’hydroxychloroquine, l’opinion publique semblant favorable à l’utilisation du traitement. Si vous souhaitez mieux comprendre le débat en cours, nous vous invitons à lire l’article notre journaliste Naël Ranjon. 

9/ Pourquoi n’y a-t-il pas de vaccin disponible ? 

Il n’existe, pour l’heure, aucun vaccin disponible sur le marché grand public. Plusieurs sont aujourd’hui en cours de test, à différents niveaux, dont l’un par l’Institut Pasteur. Il est aujourd’hui quasiment certain que le vaccin ne sera pas mis sur le marché pendant l’épidémie en cours, mais selon le directeur scientifique de l’Institut Pasteur, Christophe Denfert, il est possible que les études cliniques pour trouver un vaccin contre le Covid-19 puissent aller « un peu plus vite » et « que l’on puisse avoir des résultats qui permettraient de passer chez l’homme de façon un peu plus systématique dans le premier semestre de l’année 2021 ». Les chercheurs sont entrés dans une course contre la montre.

10/ Les animaux peuvent-ils avoir le virus ?

Non, pour l’instant rien ne laisse penser que les animaux de compagnie puissent transmettre le virus. Selon le Dr Yannick Perennes, vétérinaire à Reims contacté par France 3 Grand Est, “les animaux ne peuvent pas transmettre le Covid-19 à l’homme. Même si, à la base, le SARS CoV-2 à l’origine du virus provient probablement d’une espèce de chauve-souris, le passage de l’être humain vers une autre espèce animale semble actuellement peu probable. » Une position également partagée par l’Anses. 

Tom Kerkour et Naël Ranjon



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