Châteaux abandonnés ou bases militaires, l’urbex est un phénomène en pleine expansion

Des balades dans des lieux insolites et désaffectés… Sur YouTube ou dans toutes les communes françaises, l’urbex est partout. Retour sur une pratique qui s’est très largement démocratisée durant les années passées.

Un grand ciel bleu, un champ encore humide de la veille et quelques petits arbres à traverser avant de tomber sur une magnifique ruine d’un château perdu. L’urbex est une pratique atypique qui séduit de plus en plus.

A l’origine, celle-ci peut être qualifiée « d’illégale », car elle implique de rentrer dans des lieux abandonnés où les vestiges rencontrent la nature créant des situations pouvant être dangereuses. Ils peuvent aussi être sous l’aval d’une propriété privée. De ce fait, y pénétrer et se faire surprendre peut mener à de graves conséquences.

Une discipline en expansion

Pourtant, la pratique de l’urbex se démocratise aujourd’hui, à l’exemple de grandes chaînes sur YouTube. Le 4 janvier 2020, les youtubers Le Grand JD et Cyril MP4, 7,2 millions d’abonnés à eux deux, exploraient un ancien site militaire où des milliers de tanks étaient laissés à l’abandon. Puis dans une autre vidéo, les deux vidéastes visitaient illégalement un sous-marin délaissé. Des explorations extraordinaires dans des sites sous haute protection, mais jusque-là rien de nouveau dans le petit monde de l’urbex.

La grande innovation du duo reste d’avoir fait sponsoriser ces contenus par les jeux vidéos World of Warships et World of Tanks. Pour vous, cela ne représente pas grand chose. Pourtant, deux entreprises ont parrainé un projet de base illégal, montrant ainsi l’ouverture et la démocratisation de la pratique sur le monde. Et pour un passe-temps à l’origine underground, c’est une grande avancée.

Une pratique qui s’ancre dans le paysage local…

Pour Estelle Ghiron, qui pratique l’urbex, « ces lieux sont sacrés. J’ai pu visiter un vieux cinéma une fois et c’est très intéressant de s’y balader, on se rend compte de leur histoire et on se questionne sur leur abandon.”

En effet, l’abandon est une résultante obligatoire de l’urbex. Quand on voit l’état de certains lieux comme celui du château de Versannes (un lieu en Auvergne dont il ne faut pas révéler la localisation), on se rend compte que les anciens escaliers permettant de monter à l’étage se sont effondrés dans le vestibule et les toits sont tous troués ou ne tiennent qu’à un fil.

Estelle Gihron explore les ruines du château de Servannes. Photo : Matthias Haag

Estelle Gihron explore les ruines du château de Versannes. Photo : Matthias Haag

« Le plus important quand on visite c’est de ne rien casser, ne rien taguer et ne pas dégrader le lieu, explique Estelle, le plus magique c’est quand on a l’impression que rien n’a été touché depuis longtemps et comme si les propriétaires étaient partis la veille. »

… et qui fait l’éloge de son environnement

Gaétan pour sa part est l’un des responsables de la page Instagram tg.urb. Un compte qui vise à promouvoir la pratique de l’urbex, des différents spots de pratique dans la région et ses alentours.

Même si à ses yeux la pratique de l’Urbex commence à se développer et à être plus médiatisée grâce à quelques reportages, il n’est pas sûr qu’une légalisation soit pertinente. « L’urbex, c’est le fait de pénétrer dans une propriété privée et dès lors qu’on pourrait facilement visiter les lieux ça ne serait plus une exploration mais une visite, explique Gaétan. Légaliser la chose y ferait perdre du charme. » Néanmoins, selon lui, certaines règles sont à respecter dans l’urbex : « Il ne faut pas divulguer, pas dégrader, ne rien ramener avec soi : laisser le lieu comme quand on y est venu. » 

Bien que l’urbex semble être une pratique intéressante, en permettant la découverte nouvelle de différents lieux. Il faut faire attention, car parfois les lieux peuvent être très fragiles et dangereux. Il peut aussi arriver de tomber sur des gens mal-intentionnés.

Mais même malgré les risques pouvant persister, l’urbex reste une passion à laquelle Gaétan ainsi que nombre de jeunes avides de découvertes s’attellent. « Ma passion m’est venue il y a quatre ans environ quand en me baladant dans les rues de Vichy, témoigne-t-il, en voyant des petits lieux abandonnés. »

Ces premières visites ont poussé le jeune homme à chercher de plus en plus de lieux : « On y a trouvé un véritable intérêt, l’ambiance est si particulière dans nos explorations qu’on se sent comme plongés dans des bribes du passé, on retrouve différents lieux totalement abandonnés, on se sent tels des explorateurs. »

Adrien Michaud, Elias Muhlstein, Matthias Haag, Mathilde Bertin, Aurélie Marie, Alexis Pfeiffer, Mathéo Valette



Catégories :Auvergne

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