Sudpresse vs Nordpresse : Vincent Flibustier, le « gamin de 29 ans » face à l’ogre Sudpresse

En 2014, Nordpresse, un site internet inspiré du groupe belge Sudpresse, voit le jour. Parti d’une blague “entre copains”, le média prend rapidement une tout autre envergure. Après plus de cinq années d’existence, Nordpresse vit à travers un personnage : Vincent Herregat dit « Flibustier », instigateur du site parodique.

Vincent Flibustier, en toute décontraction, comme à son habitude, lors du procès l’opposant à Sudpresse, le 6 décembre dernier. Photo : Charlotte Walrave

Vincent Flibustier, en toute décontraction, comme à son habitude, lors du procès l’opposant à Sudpresse, le 6 décembre dernier. Photo : Charlotte Walrave

Il se fait appeler « Flibustier », autrement dit « bandit ». Sur les réseaux sociaux, Vincent Flibustier mène un combat de longue haleine contre Sudpresse. Il y a cinq ans, ce Belge de 29 ans lance son média pour « faire des articles encore plus bas de plafond que ce qu’on trouve sur Sudpresse. Complètement bourré avec des potes un vendredi soir, on s’est dit qu’on créerait bien Nordpresse ». L’aventure est lancée. Rapidement, le site web prend de l’ampleur. « Au début, Nordpresse c’était des viols de bébés morts, des chiens mis à la friteuse… », explique l’intéressé à L’Effervescent. Finalement, la notoriété acquise grâce à cette blague mène Vincent à devenir animateur radio.

Après avoir commencé comme animateur dans un club de vacances, le créateur du site parodique touche un peu à l’informatique avant d’intégrer La Première, une radio belge. Finalement, l’animateur radio au caractère bien trempé est licencié à cause d’un article paru à son sujet dans Sudpresse, son ennemi juré. L’aventure radiophonique s’arrête là, tandis que Nordpresse poursuit son ascension. Désormais, c’est en tant que consultant web que Vincent officie. Il donne également des cours d’éducation aux médias dans les écoles en Belgique. De son aveu, Nordpresse ne lui rapporte presque plus rien, mais il poursuit le projet car c’est son « petit bébé ».

« Le chevalier blanc du journalisme »

Plus qu’un média, Nordpresse a fait émerger le personnage Vincent Flibustier. Sur les réseaux sociaux, le charismatique instigateur du site parodique partage, à travers ses incomparables « duck faces », une grande part de sa vie. Sur son compte Facebook, les postes et réponses aux messages privés pleuvent sans répit, tous les jours, toujours ponctués d’humour, souvent décalés. Décrié par beaucoup pour ses prises de positions engagées, voire virulentes, et plus encore pour ses articles décalés qu’il veut éducatifs, Vincent s’est engagé dans un long combat face à Sudpresse depuis 2017. « Je continue pour le côté militant. Je pense qu’à partir du moment où un groupe qui pèse autant attaque un petit gamin comme moi, c’est qu’il doit vraiment avoir peur », confesse celui qui semble parfois se rêver justicier médiatique.

« Il se prend pour le chevalier blanc du journalisme, analyse Oriane Alcarini, journaliste pour Purepeople, qui a travaillé sur le « phénomène » Nordpresse en France. Et ça en devient presque dangereux. » Malgré les critiques, le jeune homme ne compte rien lâcher. « Je m’en suis fait un peu un combat, avoue-t-il. Pour que ça cesse, que je ne reçoive plus toutes les semaines des messages de mères de familles qui ont perdu des gosses et dont la vie est encore plus détruite par le traitement médiatique qui en est fait. » Mais derrière son air enjoué et ses blagues, porter cette affaire, seul, reste un fardeau. Récemment, l’informaticien belge s’est éloigné des réseaux sociaux. Finalement, sa cause n’est-elle pas trop lourde à porter pour un seul homme ?

Mélina Massias



Catégories :L'Evenement

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2 réponses

  1. Le « charismatique » Vincent contre l’Ogre Sudpresse…Ca transpire la neutralité par ici…

  2. Vincent Flibustier, ou le double jeu permanent. Sous couvert d’être un gamin de 29 ans, ce narcissique n’hésite pas à faire preuve de mépris de classe vis-à-vis de nombreuses personnes, à commencer par ses propres lecteurs en compilant les commentaires de premier degré sous ses articles piégeux. J’ai déjà soulevé plusieurs fois l’idée qu’il pourrait se mettre en ASBL pour aider les victimes de Sudpresse, mais ce serait recevoir moins de lumière. « Vincent Flibustier doit mourir », « je me déconnecte des réseaux »…un ton théâtral qui dévoile le nounours qui vivra avec toute sa vie un sentiment d’abandon – en plein procès, son propre avocat doit lui dire de décrocher de son portable tellement il est drogué à l’attention !

    Flibustier est capable parfois de chercher cette dernière en faisant le bien avec son complexe de sauveur, mais trop souvent en faisant le mal : innombrables plagiats, création de sites limite comme « camp de concentration », fake news dans les groupes d’extrême-droite, compte Tipeee ouvert « car beaucoup de monde l’a demandé » mais finalement dénué de donateurs (il y a un mois à peine on en comptait deux…les aurait-il créés ?), société étrangement basée en Estonie, doxing…il y a de quoi encore creuser les journalistes en herbe !

    Au fond on parle de Sudpresse mais le plus grand ennemi de Flibustier reste Flibustier lui-même qui, Sudpresse ou pas Sudpresse, n’hésitera pas à saboter son propre bonheur pour s’investir à fond dans sa mission de changer le monde pour mieux détourner le regard de l’homme qu’il est devenu : un gars corrompu lui aussi par la soif du clic.

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