Vichy : au collège des Célestins, un repas pas si végétarien ? 

Le collège des Célestins servait vendredi son menu végétarien hebdomadaire. Un menu pas si végétarien, puisque saucisses et cuisses de canard se sont invitées discrètement dans les assiettes. 

Cantine

Photo : Tom Kerkour

«Ce n’est pas très végétarien ça !», s’exclame Jules en voyant les cuisses de canard dans les assiettes de ses camarades. Vendredi 29 novembre, ce qui aurait dû être un repas végétarien dans le collège des Célestins de Vichy (Allier) ne l’était finalement pas. Un détail qui n’aura pas échappé aux petits critiques.

Cantine, viande au menu

Finalement, la viande était bien au menu. Photo : Tom Kerkour

Le 29 novembre, bruits de couverts et brouhaha résonnaient entre les murs du self. Au menu ce midi : salade de riz ou potage, œufs à la florentine, épinards et fruits. Un repas végétarien classique si on oublie les invités surprises de ce déjeuner : cuisses de canard confites et saucisses de volaille. Pour le personnel, rien de surprenant. « On a respecté la chaîne du chaud, alors on peut se permettre de ressortir les restes pendant encore trois jours », explique Philippe Maltet.

Une manœuvre qui n’est pas due au hasard, ils ont simplement utilisé les failles de la loi EGalim pour proposer une alternative au plat végétarien. Depuis le 1er novembre, cette nouvelle loi impose aux cantines scolaires de préparer au moins un repas végétarien par semaine. Pour le chef de cuisine, Thierry Bonnabaud, « la loi n’est pas très claire, on pourrait facilement jouer sur les mots au sujet de ce qui est interdit, ou non ». Alors à la place d’un repas végétarien, les enfants ont eu droit à un repas végétarien avec alternative carnivore.

« Tant que c’est équilibré »

Du côté des collégiens, la réforme séduit. S’ils sont plusieurs à avoir de la viande dans leurs assiettes, ils sont nombreux à approuver ces changements : « J’ai toujours été habituée à manger de la viande, mais c’est une bonne initiative ! », explique Blanche, en classe de quatrième. Et tout le monde ne soutient pas la loi pour les mêmes raisons, pour Jules, c’est le cœur qui prime : « Si on mange trop de viande, il n’y aura plus d’animaux !”. Certains pensent plutôt à leur santé comme Mikael et Yannis qui s’assurent que « tant que c’est équilibré, ça nous plaît ». Et certains sont déjà des jeunes nutritionnistes comme Lenny, en quatrième, qui explique : «L’important, c’est que l’on ait des protéines!

File d'attente du self

A midi, les premiers collégiens font la queue devant le présentoir. Photo : Tom Kerkour

Les plus jeunes sont peut-être plus ouverts à la mesure, alors que dans l’équipe les avis sont davantage mitigés. Dans l’équipe de Thierry Bonnabaud, «On n’est pas spécialement pour cette réforme, et c’est le cas de la plupart des cuisiniers. On ne trouve pas ça top des repas à base de soja pré-cuisiné et bourrés d’OGM». Son collègue, Philippe Maltet, agent de maintenance et cuisinier, est lui plus pragmatique. « De toute façon les enfants mangent moins de viande. Moins de porc, moins de bœuf… On n’arrive même pas à leur faire manger du poulet s’il y a des os ! Ici les enfants sont très difficiles, c’est moins le cas dans les campagnes ».

Dans une petite cantine qui sert entre 250 et 260 repas par jour, le débat sur les repas végétariens s’installe comme partout en France, et personne ne veut qu’on lui raconte de salades.

Naël Ranjon et Tom Kerkour



Catégories :L'Evenement, Vichy

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